Social networks : le film de l’été

La rentrée 2011 s’annonce aussi riche et palpitante que l’été qui l’a précédée. Entre l’entrée en scène de Google+, et les réactions, immédiates et différées, anticipées ou consécutives, de l’éternel rival Facebook, la série de l’été nous a tenus en haleine.

Quand vient la fin de l’été… l’heure est au bilan. Et Zuck nous aura une fois de plus impressionnés par la rapidité et la qualité des réponses que Facebook a fourni face aux défis imposés par Google+ : multiplicité des moyens d’interaction, interaction multipartite, et degré interaction personnalisé, en fonction de la nature du contact.

Quelques semaines seulement après le coup de tonnerre “G+”, force est de constater que Facebook a rapidement réagi ; bien que toutes les nouvelles fonctionnalités promises ne soient pas en place, elles semblent répondre aux besoins révélés par Google+, tout en accentuant la différenciation de Facebook sur des points clefs. En particulier, la validation d’un contact (et désormais, de certaines connexions qu’il établit avec nous), et les solutions pensées pour les entreprises.

Entreprises.

Commençons par là. Facebook déploie des efforts considérables, qu’ils soient humains ou techniques, pour encourager les sociétés, de plus en plus nombreuses, dont tout ou partie de l’activité repose sur son réseau. Cette démarche positive comporte deux avantages majeurs pour le réseau.

Premièrement, elle permet à Facebook d’encadrer les entreprises qui utilisent son réseau à des fins promotionnelles ou financières, de façon à ce qu’elles respectent les règles édictées. Plus Facebook tend la main aux entreprises, moins celles-ci peuvent prétendre ignorer ses règles. Nul n’est censé ignorer la loi… encore plus quand, de toutes parts et à tout moment, celle-ci est martelée par ses auteurs et leurs ambassadeurs, les prestataires officiellement adoubés, et les prétendants au titre.

Deuxièmement, la mise en place et le développement d’une équipe française s’inscrivent ainsi dans une démarche d’évangélisation des prestataires, mais aussi des marques qui ne seraient pas encore convaincues de l’intérêt de travailler avec Facebook, pour porter le réseau toujours plus loin.

L’équipe a notamment dédié une page pour les sociétés, en Français : “Facebook Solutions Entreprises”. Celle-ci donne régulièrement des astuces aux entreprises qui veulent utiliser le réseau, pour améliorer leur référencement et leur relation clients. La mise en avant de cas d’école va de pair avec cette démarche.

Mais Facebook, ce sont aussi des applications au service de sites web, leur permettant de personnaliser l’expérience utilisateur via l’utilisation de ses données Facebook. Bel exemple d’intégration, le site états-unien TicketMaster (billetterie en ligne) permet aux internautes d’annoncer sur Facebook quel concert, quelle pièce de théâtre ou évènement sportif ils ont l’intention d’aller voir, mais aussi de voir qui, dans leurs amis, a déjà réservé sa place, laquelle, et d’en choisir une à leurs côtés.

Signe ultime de l’hégémonie Facebook, enfin, l’utilisation de l’intégration avec le réseau comme argument commercial : HP, pour se démarquer de la concurrence avec sa tablette TouchPad, met en avant le développement de la première application Facebook susceptible de se substituer au site classique du réseau social !

Interaction et vie privée.

Qu’elles aient été ou non prévues de longue date, comme Facebook l’a laissé entendre, les nombreuses (r)évolutions promises ces dernières semaines ont été annoncées en réaction au débarquement et la progression fulgurante de Google+, qui a atteint en seulement 16 jours 25 millions d’utilisateurs, alors que Facebook avait mis 3 ans pour les obtenir.

Et la première petite révolution est technologique, en réponse à un avantage concurrentiel majeur de Google+ : le chat vidéo. Mark Zuckerberg annonce, dans un keynote qui marque l’importance des circonstances, un partanariat avec Skype, qui permettra des conversations vidéos sur Facebook Messenger.

La deuxième mise sur la sécurité des informations, autre argument mis en avant par Google+, avec ses Circles. Souvent critiqué pour la mauvaise protection des informations des membres de son réseau (critiques auxquelles il n’a pas toujours su bien réagir), Zuck changerait-il son fusil d’épaule ?

Désormais, chaque personne pourra choisir, en postant un statut, avec qui elle le partage ou non. Une fonctionnalité qui est quasiment une copie conforme des “cercles sociaux” de Google+. Sauf que Facebook va encore plus loin, en permettant aux internautes de changer d’avis sur les modalités de partage, qu’ils pourront modifier après publication des messages. Une véritable révolution ! Qui va de pair avec une série de mesures rendant toujours plus aisé le contrôle de ses données personnelles.

Alors, Facebook, menacé par Google + ? Le réseau de Mark Zuckerberg est en tout cas loin d’être tétanisé par un concurrent “révolutionnaire” (dixit Google). Car d’autres changements, dissociés de “G+”, ont été annoncés. Ceux-ci concernent Foursquare, le David de la bataille du check-in, qui semble bien avoir battu, sur ce plan, Facebook / Goliath. Car Facebook abandonne ses pages “Lieux”, mises en oeuvre il y a un peine un an. La géolocalisation ne disparaît pas pour autant du réseau, mais se fait plus discrète, liée aux statuts des utilisateurs et aux objets publiés.

Enfin, preuve que Facebook n’est pas en trêve d’idées pour rendre le service toujours plus attractif pour ses utilisateurs, la dernière rumeur en date concerne la possibilité de télécharger ses photos sur Facebook en y appliquant directement un filtre, à l’instar de l’application Instagram. Le bruit dit qu’il y aurait alors une dizaine de filtres disponibles, à en faire pâlir les apprentis photographes !

En attendant la réaction de Google ?

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