22 mars. Journée mondiale de l’eau.
22 mars 2010. La mort de Google.cn.
D’un côté, la Chine affiche des progrès encourageants dans l’accès à l’eau potable, avec 89% de sa population qui y a désormais accès, contre 67% il y a 20 ans. De l’autre, un événement hautement symbolique, en forme de piqûre de rappel pour l’Occident qui oublierait la gravité de la situation en Chine: la décision de Google de fermer la version chinoise de son site, faute d’accord trouvé avec le gouvernement sur le sujet de la censure.
Aujourd’hui, les internautes chinois qui se connectent sur Google.cn sont automatiquement redirigés vers le portail hongkongais. Jusqu’à ce que le gouvernement décide d’en bloquer l’accès, comme il le fait déjà pour de nombreux sites, dont Facebook ou YouTube.
Conséquences pour Google? Pour Eurekey, le bilan lui sera positif. Après tout, le géant américain ne réalisait que 2% de son chiffre d’affaires en Chine, et a de plus choisi d’y maintenir ses équipes de R&D. En parallèle, le moteur de recherche en ressort grandi, lui qui commençait à souffrir d’une hégémonie trop universelle et de plus en plus mal perçue. Le génie de Google/Goliath dans cette affaire? Apparaître comme David contre le Goliath chinois, la censure!
Et les citoyens chinois, dans tout ça? Cette affaire leur servira-t-elle dans la défense de leurs droits? Il faut l’espérer. La censure ne peut jamais être totale, encore moins à l’ère de l’Internet. Malgré tous les efforts de la censure chinoise, certaines informations gênantes pour le gouvernement circulent sur le web. Comme, justement, les directives officielles sur la censure dans les médias… le New York Times en publiait dimanche une traduction. Elles avaient auparavant filtré (évidemment illégalement) sur le web chinois.
Ce document est une preuve de plus de la réalité de la censure chinoise (pour ceux qui en doutait encore). Surtout, il met en lumière des actions menées par des citoyens chinois pour défendre leurs droits. Celles, justement, dont le gouvernement interdit de parler.
Il est tout de même ironique que la fermeture de Google en Chine se produise lors de la journée mondiale de l’eau. Ce qui vaut dans un domaine vaut dans l’autre, en l’occurence… l’opacité est contraire au progrès.
Eurekey dirait même plus: à partir d’un certain niveau de développement, il n’y a pas de progrès sans transparence, partage des données et collaboration.
Laissons le mot de la fin à Tim Berners-Lee, qui vous en convaincra en 6min top chrono.
