Les vrais fans d’une marque vont-ils désormais se retrouver sur Twitter, et non sur Facebook? Depuis l’évolution controversée et bancale du bouton « Devenir fan » (Become a fan) vers « Aimer » (Like), à laquelle s’ajoutent les failles de confidentialité, Facebook serait-il en train de perdre la confiance de ses membres?
Twitter, à l’inverse, est encore (pour combien de temps?) un réseau hybride, utilisé pour envoyer des messages personnels comme pour suivre l’actualité économique, pour diffuser des gags comme pour défendre de grandes causes. Ce qui lui confère une certaine fraîcheur, en grande partie révolue sur Facebook.
Quoi qu’il en soit, de plus en plus de marques utilisent Twitter: NIKEiD, Dell ou Lonely Planet, par exemple (la plupart du temps en Anglais, too bad pour les francophones).
Beaucoup n’y sont toujours pas, aussi. Car comment l’utiliser? Et comment gérer les RT (retweet), les mentions (@), et surtout le hashtags (#), bref, ces actions effectuées par les abonnés (terme français retenu pour désigner les followers, quand même beaucoup plus sympathique, mais que voulez-vous, les aléas de la traduction), et plus ou moins contrôlables?
Et bien justement, est-il nécessaire de les contrôler, ces actions? Alexis Ohanian, co-fondateur de Reddit, nous explique, grâce à « Mister Splashy Pants » pourquoi il est important, non seulement de ne pas tout contrôler, mais même de lâcher du lest (loose control) volontairement.
Mister Splashy Pants? Encore une blague de geek. Et bien non.
En deux mots, Greenpeace souhaitait choisir un nom pour sa campagne de lutte contre la chasse à la baleine au Japon. Modernes, ses responsables décident de lancer un vote sur Internet ; contre toute attente, l’engouement des internautes se porte sur le nom un peu ridicule de Mister Splashy Pants, face à des termes bien plus intellectuels et poétiques tels que Kaimana, signifiant « pouvoir divin de l’océan ».
Pourquoi Greenpeace a d’abord pris peur et tenté d’inverser la tendance.
C’est vrai, pourquoi? Parce que Mister Splashy Plants manque de classe?
Pourquoi est-ce que lâcher du lest s’est avéré être la bonne décision.
Parce que Mister Splashy Pants a conquis un grand nombre de personnes qui, initialement, ne s’intéressaient absolument pas aux baleines. Qui aurait acheté un T-shirt « Kaimana », à part quelques écologistes forcenés? Surtout, qui en aurait compris le message? En revanche, le merchandising Mister Splashy Pants a été un véritable succès.
Conclusion.
Gary Vaynerchuck le dit: sur Twitter (et sur les réseaux sociaux en général) l’important, c’est de communiquer et de répondre aux sollicitations (à toutes, si possible).
Alexis Ohanian ajoute, en substance (et ce n’est pas contradictoire avec ce que dit Gary), que vous avez gagné lorsque les internautes s’approprient votre message. Avoir le contrôle est secondaire.
D’ailleurs, si on y réfléchit bien, cela fait longtemps que vous ne l’avez plus, non?
