Vous êtes Français. Vous vous rendez à l’étranger. Vous souhaitez acheter des yaourts. Vous rendez dans un supermarché. Debout devant le rayon frais, vous connaissez alors un grand moment de désespoir. Alors que dans le reste du supermarché, vous pourriez presque vous croire dans le votre, de supermarché, devant le rayon yaourt, vous êtes perdus. Pas de doute, vous êtes en terre inconnue.
Levez le doigt si vous avez déjà vécu cette scène.
Et oui, le yaourt en France, c’est tout un programme, décliné sous toutes les formes, tous les parfums. Qu’on le doive à Pierre Mendès France, aux vaches normandes ou à Danone, peu importe, vous ne trouverez nulle part ailleurs une telle créativité dans le yaourt.
Chez Eurekey, nous en aimons certains mieux que d’autres. Attention, nous ne parlerons pas ici de qualités gustatives, mais de stratégies social media (quand elles existent).
Voici les résultats du conseil de classe.
1. Avertissement de travail pour Nestlé, Yoplait, Bonne Maman et Rians. Désertion totale de Facebook. Comment faire pour signifier au monde entier son amour de la crème brulée Bonne Maman ou de la Faisselle Rians? Quel dommage de la part de ces marques ne pas accorder davantage d’importance à ces fans en puissance!
2. Encouragements pour Danone. Le groupe monte de réels efforts pour développer la présence de ses marques de yaourts sur Facebook.
- Mention spéciale #1: Danette, pour la nombre de ses admirateurs (37 498) et leur participation (4 posts par semaine en moyenne, presque 3 likes et 3 commentaires par post). Danette récolte ici les fruits de ses engagements envers la communauté, notamment via le programme On vote tous pour Danette. Il n’y a pas de mystère: des amateurs à qui l’on permet de s’impliquer davantage deviennent plus facilement fans que des amateurs à qui on n’adresse pas la parole. Plus facile d’impliquer ses élèves lors d’un TD que lors d’un cours magistral.
- Mention spéciale #2: Danacol. Nous saluons ici une belle mise en danger de ce yaourt anti-cholestérol, qui s’affiche sur Facebook avec beaucoup de courage. Tous nos voeux de réussite pour que son nombre de likes grandisse. 27 pour le moment… enfin, depuis mai 2009… bon.
- Avertissement: Fjord et Gervita. Ils organisent un match de fans en grande pompe, avec des relais de communication offline, et ne réunissent chacun, respectivement, que 693 et 1006 fans. Peut mieux faire!
3. Félicitations du jury pour Michel et Augustin. Ces « trublions du goût » ont déjà 10 742 admirateurs sur Facebook. Certes, pas uniquement sur les « vaches en pot » (ils font aussi des biscuits). Mais tout de même. D’autant que le degré de participation de la communauté est extrêmement fort. Jusqu’à 405 likes sur un post, plus de 70 posts de fans par semaine, presque 6 commentaires par post… On aime!
Comme pour Danette, pas de secret. Pour Michel et Augustin, Facebook est un vrai lieu de dialogue et d’échange avec les fans. Chaque question reçoit une réponse, chaque commentaire un remerciement. Toutes les informations de la marque y sont publiées, au jour le jour, du changement de locaux de l’équipe à la sortie d’un livre de recettes Michel & Augustin. Des jeux-concours y sont organisés. Bref, cette page vit, et la communauté suit.
Quels enseignement tirer de ces bulletins de note Facebook du yaourt? Ce qu’on martèle depuis un bout de temps, chez Eurekey. Faites confiance à vos utilisateurs: impliquez-les.
Publié le 28/06/2010 à 09:40 – Modifié le 29/06/2010 à 11:56 lepoint.fr
ALIMENTATION
Nutella : trop sucré, trop gras, trop dangereux ?
De notre correspondant à Rome, Dominique Dunglas
Nutella : trop sucré, trop gras, trop dangereux ?
Le fabricant, l’italien Ferrero, risque de devoir annoncer sur ses étiquettes que son produit est dangereux pour la santé © Abaca
Adulée par des millions d’inconditionnels à travers le monde – qui en consomment 235.000 tonnes par an ! -, la célèbre pâte à tartiner chocolatée est dans le collimateur de l’Union européenne.
Composé de plus de 60 % de sucre et d’huile de palme, le Nutella ne serait pas conforme au « profil nutritionnel » défini à Bruxelles. Le fabricant, l’italien Ferrero, risque de devoir annoncer sur ses étiquettes que son produit est dangereux pour la santé. Mais la résistance s’organise à Alba, dans le nord de l’Italie, où il est fabriqué. Un député de la Ligue du Nord a même fondé un comité Touche pas à mon Nutella.
Que fait la police ?
Que fait Facebook?
Que faites-vous ???
Eric
Publié le 30/06 sur Le monde.fr:
Sandrine Blanchard (Vie moderne)
La rumeur s’est propagée à toute allure sur Internet. A cause de la « méchante » Europe et de ses règlements tatillons, les pots de Nutella pourraient bientôt être affublés de la mention « Attention danger, favorise l’obésité ». Indignation face au « fondamentalisme nutritionnel », lancement d’un groupe Facebook « Touche pas à mon Nutella », le fabricant de la célébrissime pâte à tartiner et tous ses fans ont très vite organisé la résistance.
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J’adore le Nutella, mais là, il ne faut pas exagérer.
Sur les dizaines de pages de la résolution adoptée le 16 juin par le Parlement européen consacrée à « l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires « , il n’y a nulle part l’obligation d’indiquer un tel message de prévention. Une majorité de députés ont même rejeté la proposition de faire figurer un « feu de signalisation » sur les emballages pour repérer rapidement la qualité diététique d’un aliment. Pas question d’apposer un « feu » rouge, orange ou vert suivant la teneur en sucres, sel et graisses, et encore moins un « Attention danger, favorise l’obésité ». Alors, que dit ce projet de réglementation pour susciter une telle ire des amateurs de Nutella ? Que les produits alimentaires manufacturés doivent « obligatoirement » indiquer leurs quantités en calories, graisses de toutes sortes (saturées, hydrogénées, etc.), sucre et sel de manière « claire et lisible », sur la « face avant de l’emballage ». Objectif : contribuer à la lutte contre l’obésité et le diabète et permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés. Bref, arrêter de leur cacher la vérité.
Prenez un pot de Nutella : actuellement, c’est la mention « lait écrémé » et le dessin de deux belles noisettes qui se voient le mieux sur l’étiquette. Il faut une loupe pour découvrir que la pâte à tartiner est composée à plus de 60 % de sucre et de graisse (en l’occurrence de l’huile) et de seulement 6 % de lait écrémé et 13 % de noisettes. Qui, me direz-vous, était encore dupe ? Qui ne savait pas qu’il faut se régaler de Nutella avec beaucoup de modération ? Soit. Mais le marketing redouble d’invention pour promettre que des biscuits bourrés d’huile de palme apportent « de l’énergie » aux enfants, que des flocons de céréales donnent la « taille bikini » ou que des yaourts aux « principes actifs » facilitent la digestion.
Ce sont tous ces messages abusifs que le Parlement européen cherche à réglementer. Résultat, les lobbies sont en marche. Cette nouvelle réglementation devrait faire l’objet d’une deuxième lecture et ne sera votée, au mieux, qu’en 2011. Les industriels auront ensuite trois ans pour s’y adapter. Cela nous laisse le temps de grossir.
Courriel : blanchard@lemonde.fr.
Sandrine Blanchard (Vie moderne)
Merci Sophie de rectifier….!!!!
Eric