Complexity gap

Immergés que nous sommes dans la culture 2.0, chez Eurekey, nous nous laissons parfois emporter par notre enthousiasme, oubliant que, pour beaucoup (dont un grand nombre de décideurs!), notre langage savant reste inintelligible.

C’est pourquoi, deux articles, parus à une journée d’intervalle dans des magazines anglo-saxons, ont récemment attiré notre attention. Tous les deux traitaient des révolutions 2.0 et de leur importance capitale, du point de vue, pour une fois, de la génération X.

Le magazine Business & Finance a publié le 30 septembre un essai intitulé « Be creative, nimble and connected », et rédigé par Peter O’Neill, Country General Manager d’IBM Ireland. M. O’Neill reprend les résultats d’une étude réalisée par IBM auprès de 1541 dirigeants, dans 60 pays et 33 secteurs différents.

Dans un monde où les économies sont de plus en plus interconnectées, ces dirigeants confessent se sentir plus démunis qu’auparavant face à la complexité de l’environnement dans lequel leur entreprise évolue. Ce « complexity gap » semble parfaitement maîtrisé par certaines sociétés, et les résultats de l’étude montrent que leurs dirigeants répondent à 3 critères: ils incarnent un leadership « créatif » (creative leadership), ils réinventent la relation avec les consommateurs, et ils facilitent une « dextérité opérationnelle » (operating dexterity).

Reinvent customer relationships? L’étude montre que les dirigeants d’aujourd’hui doivent donner la priorité, plus que jamais, à la relation avec leurs utilisateurs. Celle-ci passe par un « engagement continu » et la « co-création avec les consommateurs », source de différenciation.

Le 29 septembre, The Economist consacrait sa rubrique « Schumpeter » au dernier livre de Don Tapscott et Anthony Williams, auteurs du fameux Wikinomics (2006), « Macrowikinomics: Rebooting Business and the World ». Titre, plutôt malheureux selon l’auteur de l’article, mais néanmoins issu de 150 suggestions, sollicitées par les auteurs.

Le respecté hebdomadaire britannique y reprend les cas les plus emblématiques de l’ouvrage, et, bien que freinant l’enthousiasme de Tapscott et Williams concernant la co-création, arguant que les « grands créateurs ont souvent besoin de courage pour ignorer la foule », conclue que « the authors are nevertheless right to argue that the web is the most radical force of our time. » Et de prédire que tout cela n’est qu’un début.

Oui, impliquer ses utilisateurs dans une démarche de co-création est indispensable. Oui, la révolution du 2.0 n’en est qu’à son commencement. Et ces articles montrent que ces idées gagnent du terrain. Voilà qui nous plaît, chez Eurekey.

N’avons-nous pas l’immense chance de faire partie d’une génération, qui, pour une fois, peut enseigner à ses aînés sans être traité de jeune présomptueux? A nous de prendre la mesure de les responsabilités qu’elle implique: le partage d’information, la pédagogie, l’envie de transmettre!

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